La Confédération générale du travail unitaire

 

CONGRES DU MONDE OUVRIER

France. 1870-1940

Confédération générale du travail unitaire (CGTU)

Après l’échec de la grande grève de mai 1920, puis le ralliement des Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR) à l’Internationale syndicale rouge (ISR) créée en juillet 1921, l’opposition au sein de la CGT entre majoritaires et minoritaires se durcit au profit de ces derniers. Après le congrès de Lille (juillet 1921), on s’achemine inéluctablement vers une scission, entérinée à la fin de l’année 1921 par la création de la CGTU.
La CGTU tient son premier congrès à Saint-Etienne en juin 1922 ; Gaston Monmousseau y devient secrétaire général. Malgré l’opposition des partisans inconditionnels de l’autonomie ouvrière et des syndicalistes libertaires, l’adhésion « avec réserves » à l’ISR est votée. Sous l’impulsion du Parti communiste, des commissions syndicales de contrôle sont mises en place et le IIe congrès confédéral (Bourges, novembre 1923) vote une résolution reconnaissant le droit de s’organiser en fractions.
A partir de 1924, la CGTU s’efforce de mettre en œuvre le « front unique à la base ». En 1925, un programme de revendications immédiates est établi (salaire minimum vital de base, échelle mobile des salaires), tandis qu’est définie une stratégie des grèves. L’année suivante, l’accent est mis sur l’opposition à la rationalisation. La Confédération persiste par ailleurs dans son opposition à toute loi sociale nouvelle, à l’heure du débat sur les Assurances sociale.
La CGTU enregistre, à partir de 1926, une baisse continuelle des adhérents. Le problème est longuement débattu au IVe congrès confédéral (Bordeaux, septembre 1927), où est discuté pour la première fois en France la question du syndicalisme à bases multiples. Est alors décidée la création d’une Caisse nationale de solidarité ouvrière, destinée à gérer les futures Assurances sociales. Mais cette stratégie est abandonnée sous la pression de l’Internationale communiste qui, en 1928, adopte définitivement la ligne « classe contre classe ». Lors de son Ve congrès (Paris, septembre 1929), la CGTU reconnaît le rôle dirigeant du Parti communiste en même temps qu’une indépendance syndicale qui restera toute formelle. La ligne « classe contre classe » signifie aussi la mobilisation ouvrière pour la défense de l’URSS.
En 1933, Benoît Frachon succède à Gaston Monmousseau au secrétariat général de l’organisation. Mais c’est en 1934 que se déroulent les prémisses de la réunification avec la CGT : après le 6 février, la CGTU se rallie à la grève générale organisée par la CGT, et des discussions s’engagent entre les 2 centrales après le tournant unitaire du PC.
En février 1935 est trouvée une solution au problème de l’indépendance syndicale. Une fois la CGTU résolue à condamner l’organisation des fractions politiques dans les syndicats, les discussions reprennent. Du 24 au 27 septembre 1935, CGT et CGTU tiennent simultanément leurs congrès nationaux : la perspective de la réunification est adoptée de part et d’autre par les congressistes. Le CCN de fusion a lieu le 28 janvier 1936, avec constitution d’un bureau provisoire de 8 membres dont 2 unitaires (Benoît Frachon et Julien Racamond). Le congrès d’unité se tiendra à Toulouse du 2 au 5 mars 1936.
La CGTU a publié les compte-rendus de chacun de ses congrès, en y ajoutant ceux des conférences nationales féminines (1923, 1925, 1927, 1931), des conférences d’unité (1925, 1933), des conférences nationales des jeunes syndiqués (1927) et des jeunes travailleurs (1931), de la conférence coloniale (1933).

Voir notamment : Michel Dreyfus, Histoire de la CGT, Editions Complexe, 1995, 407 p.- (Questions au XXème siècle)
René Mouriaux, La CGT, Editions du Seuil, 1982, 245 p. –(Points)