
Confédération générale du travail unitaire (CGTU)
Après l’échec de la grande grève
de mai 1920, puis le ralliement des Comités syndicalistes révolutionnaires
(CSR) à l’Internationale syndicale rouge (ISR) créée
en juillet 1921, l’opposition au sein de la CGT entre majoritaires et
minoritaires se durcit au profit de ces derniers. Après le congrès
de Lille (juillet 1921), on s’achemine inéluctablement vers une
scission, entérinée à la fin de l’année 1921
par la création de la CGTU.
La CGTU tient son premier congrès à Saint-Etienne en juin 1922
; Gaston Monmousseau y devient secrétaire général. Malgré
l’opposition des partisans inconditionnels de l’autonomie ouvrière
et des syndicalistes libertaires, l’adhésion « avec réserves
» à l’ISR est votée. Sous l’impulsion du Parti
communiste, des commissions syndicales de contrôle sont mises en place
et le IIe congrès confédéral (Bourges, novembre 1923) vote
une résolution reconnaissant le droit de s’organiser en fractions.
A partir de 1924, la CGTU s’efforce de mettre en œuvre le «
front unique à la base ». En 1925, un programme de revendications
immédiates est établi (salaire minimum vital de base, échelle
mobile des salaires), tandis qu’est définie une stratégie
des grèves. L’année suivante, l’accent est mis sur
l’opposition à la rationalisation. La Confédération
persiste par ailleurs dans son opposition à toute loi sociale nouvelle,
à l’heure du débat sur les Assurances sociale.
La CGTU enregistre, à partir de 1926, une baisse continuelle des adhérents.
Le problème est longuement débattu au IVe congrès confédéral
(Bordeaux, septembre 1927), où est discuté pour la première
fois en France la question du syndicalisme à bases multiples. Est alors
décidée la création d’une Caisse nationale de solidarité
ouvrière, destinée à gérer les futures Assurances
sociales. Mais cette stratégie est abandonnée sous la pression
de l’Internationale communiste qui, en 1928, adopte définitivement
la ligne « classe contre classe ». Lors de son Ve congrès
(Paris, septembre 1929), la CGTU reconnaît le rôle dirigeant du
Parti communiste en même temps qu’une indépendance syndicale
qui restera toute formelle. La ligne « classe contre classe » signifie
aussi la mobilisation ouvrière pour la défense de l’URSS.
En 1933, Benoît Frachon succède à Gaston Monmousseau au
secrétariat général de l’organisation. Mais c’est
en 1934 que se déroulent les prémisses de la réunification
avec la CGT : après le 6 février, la CGTU se rallie à la
grève générale organisée par la CGT, et des discussions
s’engagent entre les 2 centrales après le tournant unitaire du
PC.
En février 1935 est trouvée une solution au problème de
l’indépendance syndicale. Une fois la CGTU résolue à
condamner l’organisation des fractions politiques dans les syndicats,
les discussions reprennent. Du 24 au 27 septembre 1935, CGT et CGTU tiennent
simultanément leurs congrès nationaux : la perspective de la réunification
est adoptée de part et d’autre par les congressistes. Le CCN de
fusion a lieu le 28 janvier 1936, avec constitution d’un bureau provisoire
de 8 membres dont 2 unitaires (Benoît Frachon et Julien Racamond). Le
congrès d’unité se tiendra à Toulouse du 2 au 5 mars
1936.
La CGTU a publié les compte-rendus de chacun de ses congrès, en
y ajoutant ceux des conférences nationales féminines (1923, 1925,
1927, 1931), des conférences d’unité (1925, 1933), des conférences
nationales des jeunes syndiqués (1927) et des jeunes travailleurs (1931),
de la conférence coloniale (1933).
Voir notamment : Michel Dreyfus, Histoire de la CGT,
Editions Complexe, 1995, 407 p.- (Questions au XXème siècle)
René Mouriaux, La CGT, Editions du Seuil, 1982, 245 p. –(Points)